Avec les aînés : relire sa vie pour y déchiffrer la trace des souliers de Dieu

2019-10-20T14:02:05+01:0020 octobre 2019|

« Choisis donc la vie », tel est le thème que les aînés ont commencé à explorer le 8 octobre dernier lors de la première réunion mensuelle de l’année 2019-2020. Le thème résonne fort alors que ce mois-ci les députés ont adopté le projet de révision des lois de bioéthique qui suscite tant d’inquiétudes… Pour l’heure, il fut beaucoup question de relire sa propre vie… pour y chercher “les traces des souliers de Dieu”. Et ils étaient nombreux -une vingtaine de personne dont quelques nouveaux arrivants- autour du père Jean, prêtre de notre ensemble paroissial Aucamville-Saint-Loup Cammas. Sans compter tous les amis empêchés pour des raisons souvent médicales ou familiales.

De pages en pages, grâce au livret qui sert de guide à la réflexion partagée en groupe, l’équipe MCR a abordé le thème. Après avoir commenté l’illustration de la couverture qui représentait une photo de la dernière réunion du Mouvement des chrétiens retraités à Lourdes en 2018 où s’étaient retrouvées plus de 4000 personnes autour de tables rondes, le groupe a lu l’éditorial rédigé par le Père Oudot, aumônier national du MCR.

On entre dans le vif du sujet : « Choisis donc la vie », c’est un impératif qui implique la liberté de chacun. La Vie bien plus que notre vie en ce monde, c’est la Vie après la mort, la Vie dans l’au-delà mais elle commence ici et choisir la Vie, c’est choisir Dieu.

On relit la Parole «Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. (Jn 14,6) donc bien choisir dès à présent, et non subir. Dieu nous appelle mais c’est nous qui choisissons, bien sûr guidés par l’Esprit Saint et qui répondons aux appels de Dieu, aux appels des autres, toujours dans la joie, comme Anne et Syméon (cf. la Présentation de Jésus au Temple , Lc,22 -2).

« Tout homme est une histoire sacrée »

Une photo : un petit garçon et son grand père, vêtus de la même façon, de dos, assis au pied d’un arbre, en pleine nature : « relire sa vie », image de sérénité : c’est seulement dans le silence de la nature que l’on peut relire sa vie de manière apaisée. C’est là aussi qu’on rencontre facilement Dieu. L’arbre symbolise la vie et le grand père se rappelle sûrement sa vie passée quand il avait l’âge de son petit-fils. Relire sa vie, c’est regarder en arrière et dire les bonnes choses qui nous viennent tout de suite en mémoire. Parfois, les épreuves douloureuses qui nous ont marquées. Le sujet suscite un échange, les avis sont partagés ; certains pensent qu’on peut guider sa pensée. Ce qui compte, ce sont les personnes, « les bons samaritains » qui ont été témoins de nos bonheurs et de nos détresses sur le chemin de la Vie.

Que sont devenus mes rêves d’enfants

On retiendra cette belle expression d’Erri de Lucca, romancier Italien contemporain : «En relisant sa vie chacun peut y déchiffrer les empreintes digitales divines ou la trace des souliers de Dieu » .

Le groupe poursuit sa lecture « collective » et les questionnements : Que sont devenus nos rêves d’enfant ? Ai-je pu réaliser ce dont je rêvais ? Comment s’est fait mon choix de Vie ? « Chacun a son parcours mais tout dépend des autres et il faut, à nos âges, savoir tourner la page », remarque l’un. Tandis qu’une autre personne souligne : « le passé ne va pas nous aider vers ce à quoi nous aspirons ».

Après avoir lu ensemble le magnifique Psaume 91 : « Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur… », les aînés commentent une belle photo d’une future maman, sur le ventre de laquelle repose un chapelet, dans un champ de blé (« le pain de la vie ») qui illustre la prière du père Michel Quoist, écrivain (1921-1997) « Merci pour la vie ».

Il nous reste à méditer la poésie de Pierre Emmanuel, poète français (1916-1984)qui clôt le chapitre «   Il importe d’être vivant ». 

Prochaine rencontre Mardi 5 novembre, 14h30, salle paroissiale de Castelginest.

« Il importe d’être vivant » (Pierre EMMANUEL)

Il importe d’être vivant.

Il importe que mon visage soit le seuil et le cadrant,

Que tout regard, que tout rayon y marque l’heure,

Que le jour tienne table ouverte en ma demeure,

Que ma maison soit un alcarazas pour le passant,

Il importe

Que j’offre le pain frais avec le sel de l’âge

Que jamais je ne sois repu de partager

Que le premier venu s’attable pour manger

Puis sans payer l’écot reprenne son voyage

Il importe

De tout donner de n’attendre rien même de Dieu

D’être ici pour les sans feu ni lieu pour les sans Dieu

Il importe d’être vivant.