C – 3è dimanche de Pâques – « Il est là ! »

Chers Frères et sœurs, Christ est ressuscité !!! Vivons pleinement ce temps de Pâques, troisième dimanche de Pâques où la Parole de Dieu dans saint Jean nous donne à entendre la troisième fois où Jésus le Christ se manifeste à ses disciples après sa résurrection. Depuis la veillée pascale, nous avons lu plusieurs récits de manifestations du Christ à ses disciples. Tout d’abord les femmes au tombeau, Marie-Madeleine en pleurs ne reconnaît pas Jésus, et le prend pour le jardinier, jusqu’au moment où il l’appelle par son prénom. Ensuite Jésus se manifeste aux disciples d’Emmaüs, il les rejoint et là aussi ils ne le reconnaissent pas. Il les enseigne et ce n’est qu’à la fraction du pain qu’il découvre que c’est Jésus, puis il disparaît à leurs yeux. Et enfin souvenez-vous dimanche dernier, les apôtres sont enfermés dans le lieu où ils se trouvent et Jésus fait irruption dans la pièce, il devra leur montrer ses mains et son côté y compris à Thomas pour qu’ils sortent de leur incrédulité et croit à cette bonne nouvelle de la résurrection du Christ. Ces textes nous montre la difficulté pour les apôtres de reconnaître Jésus avec son corps de ressuscité, et de croire à cette résurrection tant c’est une nouvelle inouïe, et que le Christ semble tout autre. Saint Jean, lui, est le seul à relater cette manifestation au bord de la mer de Tibériade.1 Il y aurait beaucoup à dire sur ce chapitre 21 de Saint Jean, mais accueillons ensemble ce que ce texte nous dit.

Les apôtres sont à la pêche, ils ont passé la nuit sans rien prendre, et Jésus est là présent sur le bord du lac. Dieu se fait présent dans le quotidien de ses apôtres, sans apparat, sans fracas ni trompette. Ce passage nous enseigne sur le mode de présence du Christ après sa résurrection, pour les apôtres à ce moment-là, mais aussi pour nous aujourd’hui dans notre vie.

Dieu n’est pas celui qui se manifeste à nous en apparat somptueux avec fracas et domination, il vient dans notre quotidien d’une façon simple et discrète. Jésus se préoccupe de nos activités de tous les jours et nous accompagne à travers elles, au travail, dans notre vie de famille ou associative, il est là. Il a le souci de ce qui nous préoccupe, y compris quand nous traversons des épreuves, quand nous peinons sans rien prendre quand nos nuits se font arides et parfois douloureuses, il est là. Il nous interpelle par sa Parole: « Jetez les filets à droite de la barque». Avant toute chose il désire nous combler de son amour et il se tient présent guettant le moment favorable pour se manifester à nous, mais aussi pour nous interpeller par cette question: « M’aimes-tu« ? Cette question n’est pas seulement adressée à Pierre mais à chacun d’entre nous, Dieu est amour, il est ce mendiant humble qui demande à chacun de l’aimer.

Cette attitude est déroutante, et je me demande, et je nous demande si nous sommes toujours conscients de cette présence à nos côtés, de ce compagnonnage fraternel que Dieu nous propose. Il sait que la route est longue et parfois semée d’embûches qui peuvent nous égarer, qu’il nous faut le plus souvent être et agir à contre-courant de notre environnement. Comment est-ce que je me laisse interpeller par lui, par sa Parole ? Ai-je assez d’humilité pour l’accueillir simplement dans les événements, dans les rencontres, et me laisser toucher, me laisser guérir, à l’image de Pierre qui a jeté ses filets après avoir peiné, et qui s’est laissé conduire lui le professionnel. Ne suis-je pas tombé dans une écoute passive ou tellement habituelle qu’elle n’a sur moi plus de prise ? La Parole de Dieu est vivante et agissante.

Dieu présent dans les événements professionnels ou privés, dans la prière communautaire et personnelle. Combien de fois j’ai pu expérimenter sa présence dans les rencontres qui ont lieu à la maison de la fraternité. Dans les événements douloureux de nos vies. L’hospitalité en pèlerinage à Lourdes est un lieu de présence du Seigneur, quand des frères et sœurs donnent de leur temps et leur énergie au service des pèlerins, quand les pèlerins sont heureux de vivre un moment fraternel : « Où sont Amour et charité, Dieu est présent ».

Et enfin quand j’ai reconnu son passage dans ma vie, sa présence, est-ce-que j’ai assez de courage et de confiance pour me jeter à l’eau et courir vers lui pour à mon tour lui montrer combien je l’aime, et combien je lui suis reconnaissant de m’avoir sauvé par sa mort et sa résurrection, pour lui montrer combien je suis dans la joie et l’action de grâce de le savoir à mes côtés comme compagnon de route, Pierre s’est jeté à l’eau lui, qui ne savait pas nager et il est arrivé sain et sauf sur le rivage.

Nous avons besoin de Jésus pour avancer sur notre chemin qui mène au père, demandons lui la joie et la paix du cœur pour chaque jour qui fait notre quotidien, signes de sa présence afin de pouvoir entendre l’appel qu’il fait à chacun : « M’aimes-tu ? » Être les témoins de cette bonne nouvelle d’un Dieu qui se fait proche et humble, et qui marche avec nous c’est la meilleure des façons de lui répondre. Que l’Esprit saint nous donne l’humilité indispensable pour accueillir la Parole de Dieu avec une nouveauté renouvelée à chaque écoute, pour qu’elle travaille nos cœurs et nos intelligences et inspire nos actes et notre façon de penser. Présence quand il nous donne la possibilité de nous réconcilier avec lui, présence auprès de nos frères malades, présence quand il réconforte et soutient les plus fragiles.

Frères et sœurs la lecture de ce jour nous présente le mode de présence de Jésus, mais cette présence est actualisée par notre témoignage communautaire, à chaque fois que nous nous rassemblons en réponse à son appel pour la messe dominicale. L’Église qui célèbre signifie ainsi cette présence de Dieu dans la cité au milieu des hommes et des femmes de notre temps. Dans une société où il faut être le plus grand, le plus performant, le plus rapide, Le Seigneur lui, se fait le plus petit, le plus humble, animé de patience, prenant ainsi le contre-pied de ce à quoi nous pourrions nous attendre, il nous enseigne par sa Parole, et il a dressé la table pour nous nourrir de son corps : « Venez, mangez», se faisant ainsi serviteur. Nous avons un Dieu simple et proche de chacun d’entre nous, et quand tout à l’heure nous approcherons de la table Eucharistique accueillons simplement celui qui se fait pain pour notre route.

  1. Idem Lc 5,1-11 Pêche miraculeuse
2019-05-06T13:15:22+01:00

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