MCR : Nos aînés en route vers le Carême

Petit quiz ! Prenez ces mots : culpabilité, retour, repentir, repentance, pardon, conversion. Mis bout à bout, à quel évangile vous font-il penser ? A quel tableau de maître nous renvoient-ils ? Humm… Ajoutez : Espérance. Joie. Amour. Vie. C’est sûr ! Vous avez trouvé ! Alors… Lisez maintenant !

Réunis en février dernier, nos aînés ont poursuivi leur réflexion sur la famille et en particulier, cette fois-ci « la famille du fils prodigue ». Ils se sont donc plongés dans la lecture de l’évangile du fils prodigue avec saint Luc dans la chapitre 15, versets 11 à 32. Luc : l’évangéliste du pardon ! En effet, cet évangile commence ainsi : « Jésus dit encore ». C’est que cette parabole du Fils prodigue, est précédée de la Parabole de la Brebis perdue. Rappelons- nous l’image du berger qui met sur ses épaules la brebis retrouvée avec cette phrase : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un pêcheur qui se repent que pour quelques justes qui n’ont pas besoin de repentir ». Et juste après vient la Parabole de la drachme perdue et la joie immense de la veuve démunie qui la retrouve. Ce sont les trois paraboles de la Miséricorde Divine.

Un fils inconséquent

Dès le début, nous sommes surpris par ce fils cadet qui réclame sa part d’héritage, par le père qui accepte sa demande mais pour qui c’est déjà symbole de mort… « De nos jours, remarquent les aînés, il est fréquent que les jeunes quittent leurs familles, partent à l’aventure, dans des pays lointains faisant souvent à cette occasion des expériences enrichissantes qui les mûrissent… Mais ici, ce fils cadet est parti au loin dilapider son héritage dans une vie de désordre qui le mène vite à la grande misère ! » Garder les porcs représente une déchéance totale quand on sait que pour les juifs le porc est un animal impur . Toutefois, la faim et l’orgueil le font réfléchir. Il va tenter d’amadouer son père : « Père, j’ai péché envers le ciel et contre toi… traite- moi comme un de tes ouvriers ». Et en petit groupe, l’on s’interroge : les ouvriers n’étaient- ils donc pas bien traités en ce temps- là ? On pourrait intituler cette parabole, la Parabole du fils repenti, puisque après des chemins tortueux, le fils va prendre un chemin droit.

Un père à l’image de Dieu

Ce retour vers le père, c’est une véritable conversion ( le terme « revenir » est très important dans la Bible). Le père, personnage principal de cette parabole est la plus belle image de Dieu. Il n’a pas rejeté son fils mais au contraire, il ne s’est jamais consolé de son départ, il ne l’a pas oublié, il a guetté son retour et le voilà tout à la joie des retrouvailles : « il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers ». Quelle tendresse, que d’amour dans son attitude !

Alors cela permet au fils de reconnaître humblement la grandeur de son père et la gravité de son péché. Les cadeaux que le père lui remet sont symboliques : l’anneau, signe de filiation et d’autorité, les sandales indiquant l’homme libre et le vêtement, marque de fête. « Car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie (…) et ils se mirent à festoyer sans questionner ce fils sur son passé ».

L’aîné qui nous ressemble trop

C’est l’arrivée du fils aîné qui était aux champs. Lui, toujours fidèle au travail, se met en colère, il est jaloux, il se sent victime d’une injustice. Lui qui a toujours fait son devoir et n’a jamais été récompensé -ne serait-ce que par un chevreau- alors que pour le cadet on tue le veau gras ! Et il fait des reproches à son père. Est- ce que toute une vie d’efforts pour garder les commandements de Dieu ne vaut pas plus qu’un repentir tardif ? L’Ancien Testament ne manque pas de crises entre frères, pensons à Caïn et Abel, Isaac et Ismaël ou encore, Esaü et Jacob.

De Luc à Rembrandt

Après ce commentaire, le petit groupe a décrypté le célèbre tableau de Rembrandt (1667) «Le retour du fils prodigue » à l’aide du livret qui sert de guide aux réunions. Une analyse du Père Baudiquey a dévoilé le chef d’œuvre sous un angle nouveau. Le père, âgé, richement vêtu dont le visage éclairé se détache sur un fond sombre ; bienveillant, il se penche vers son fils, il est à l’écoute, ses yeux fermés sont signe de recueillement, ses mains semblent protéger le fils, la droite exprime l’amour du père, la gauche la force et la puissance, la position des mains dit tout de sa miséricorde. Le fils, lui, est agenouillé en signe d’humilité, on devine son repentir, il s’abandonne dans les bras de son père : « il achève de naître » écrit le Père Baudiquey .

Des résonances dans nos vies

C’est avec un poème d’Albert Jacquard que le lien est fait avec les situations personnelles de chacun :

« Merci, mes parents, vous qui m’avez aimé de votre irremplaçable amour (…) Laissez-moi la liberté de devenir celui que je choisis d’être » écrit le généticien et essayiste Français. Ce poème est pour Marie l’évocation de son petit- fils, brillant étudiant qui, bien qu’atteint d’une myopathie grave, avait choisi de vivre intensément. Axel vient hélas de rejoindre le Père. Nous confions Axel, que nous avions rencontré plusieurs fois à la messe, en compagnie de ses grands-parents, à notre Mère des Cieux.

Cette rencontre fut une belle préparation vers la prochaine étape en mars sur le thème « L’idéal chrétien est l’Amour en dépit de tout ». Une phrase du Pape François dans l’exhortation apostolique de 2016, La joie de l’amour. Comme une introduction au temps de Carême.  

2019-03-03T09:42:19+01:00