Quand les jeunes parents nous déroutent : les aînés partagent leurs peines et… leur joie !

«Une grand-mère est une femme qui n’a pas d’enfants, c’est pour cela qu’elle aime les enfants des autres. Les grands-mères n’ont rien à faire, elle n’ont qu’à être là. Quand elles vous emmènent en promenade, elles marchent lentement, sans écraser les belles feuilles ni les chenilles. Elles savent qu’on a toujours besoin d’un second morceau de gâteau… ou du plus gros ! Les grands-mères sont les seuls adultes qui ont toujours le temps.Tout le monde devrait essayer d’avoir une grand- mère surtout ceux qui n’ont pas la télé.» C’est avec cette petite histoire écrite par un enfant de 8 ans, que l’équipe du MCR a clos à Castelginest, sa dernière réunion d’avant Pâques. Une note de joie dans un partage rempli d’interrogations. Compte rendu avec Monique Griess.

En ce début de mars, tout nous incite à guetter l’éveil de la nature, ce qui explique peut-être, que nous n’étions que 16 autour de Père Jean mais il y a aussi les absences liées aux problèmes de santé pour quelques-uns d’entre nous. Le thème de ce 5ème chapitre était : « Questions sur la famille dans laquelle je vis ».

Dans un premier temps, nous avons commenté la photo qui introduit ce chapitre : image du bonheur d’une famille unie et radieuse, papa, maman et les deux jeunes enfants, garçon et fille. Il s’agit d’un couple mixte, elle, Européenne, lui, Africain. L’occasion pour l’une des participantes de souligner la richesse de ces couples mixtes que l’on rencontre de plus en plus souvent. Elle témoigne de l’élargissement de sa propre famille grâce au mariage de son fils qui a épousé une Africaine et elle se réjouit de voir ce fils revenir, grâce à elle, vers une pratique religieuse. Séjours étudiants « Erasmus » ou déplacements professionnels divers, des couples s’unissent, chacun amenant sa culture propre.

Entre inquiétudes, critiques… et soutien

Le bonheur conjugal et parental capté par le photographe reste intemporel. Qu’en est-il des modes de vie des familles d’aujourd’hui ? Qu’est-ce qui nous dérange dans les nouvelles manières de vivre de nos enfants : nous vivons dans le réel et eux se réfugient souvent dans le virtuel avec tous les possibilités offertes par le numériques : séries télévisées, jeux vidéo, réseaux sociaux, applications multiples sur les smartphones, etc. Ils sont bien installés dans le matériel et peu soucieux du spirituel ! Ils gardent aussi une morale même si leur spiritualité est faible .

Quel est alors notre attitude ?

-De l’inquiétude parfois, des critiques (mais quelle que soit l’époque , il en a toujours été ainsi ! ) ; un sentiment d’impuissance : en nous disant : « ce sont surtout des consommateurs, où allons- nous? ». Pourtant, nous sommes là pour les soutenir et les rassurer.

-Leur apporter notre soutien dans les crises qu’ils vivent (maladie, handicap physique ou autre, addictions diverses, difficultés professionnelles, etc…) mais aussi être à leur écoute et leur apporter attention en toutes circonstances. Nous voulons être disponibles pour eux. Nous sommes conscients que la vie de jeunes parents aujourd’hui est terriblement plus compliquée qu’il y a quelques décennies. Une aînée cite le grand philosophe Michel Serres vu récemment à la télé, qui affirme que nous vivons la crise la plus importante depuis la nuit des temps, l’évolution est trop rapide, nous nous sentons en décalage par rapport aux jeunes, on peut parler aussi d’incompréhension de la part de ces jeunes imbus de leur savoir !

Et les familles dispersées ?

La dispersion familiale n’est pas un phénomène récent. Il y a toujours eu des vagues d’immigration, par exemple, italiennes vécues dans notre région, en particulier ; mais aujourd’hui, ce phénomène est amplifié par les moyens de communication, les facilités de déplacements… C’est le temps de la mondialisation, nous perdons beaucoup de chercheurs attirés par des pays comme la Chine et chez nous, les exigences sont telles pour nos étudiants que nous devons par exemple, faire appel à nombre de médecins étrangers, recrutés différemment.

Quand la famille se disperse, cela devient difficile de transmettre l’histoire de la famille, de ceux qui nous ont précédés, de l’éducation reçue en particulier par rapport à la foi. Un exemple : autrefois, la Fête de la Sainte Famille (1er dimanche après Noël) avait une grande importance : en référence à la vie de Jésus, Dieu a choisi une famille qui devrait nous servir de modèle. Autre exemple : le baptême, comment « faire grandir » et accompagner nos enfants devenus parents quand ils décident que «l’enfant décidera de son Baptême plus tard » ou bien « qu’il doit faire comme les copains »…

Quant au deuil qui peut frapper chacun à tout moment, le réconfort des amis en paroisse est bien précieux lorsque la famille est loin ou absente, en témoignent ceux qui font partie des Équipes de Funérailles qui accompagnent les personnes dans le deuil.

Dans ce monde qui bouge…

… Prenons le temps de nous informer, en particulier sur l’évolution de notre société, sur des sujets comme la PMA et la GPA qui nécessitent une profonde réflexion et qui risquent de transformer encore plus profondément la famille, la transmission familiale, le soutien familial… On peut s’inquiéter de voir que notre société en crise a oublié que l’Homme n’est que le gérant de la vie donnée par Dieu. Certes, Dieu ne donne pas la vie matérielle mais, dès la conception, on ne peut pas dissocier vie spirituelle et vie matérielle : on pense ici au «transhumanisme » : où est Dieu dans tout cela ?

Dieu a créé l’Homme libre, libre de suivre les voies divines, de choisir entre le bien et le mal. Nous évoquons en particulier les propos du Professeur Jacques Testart, pionnier de la fécondation in vitro et «papa» d’Amandine, le 1er bébé-éprouvette français né en 1982, qui actuellement, ne cesse de clamer son opposition à l’ouverture de la PMA pour les couples homosexuels.

Parfois les jeunes parents semblent enfermés dans leurs certitudes… et dans leur peur. D’où paradoxalement, ce sentiment de les voir ouverts au monde qui bouge et en même temps très repliés sur eux-mêmes et seuls. Relisons les textes que nous offre le pape François et qui ravivent notre espérance. Terminons sur cet extrait de «La Joie de l’Amour » : « La famille ne doit pas se considérer comme un enclos appelé à se protéger de la société. Elle doit sortir d’elle-même dans une recherche solidaire… »

Prochaine rencontre MCR : le mardi 7 mai, 14h30, au presbtère de Castelginest

2019-05-06T13:36:47+01:00